Jeudi 10 mars 2011 à 22:38
Et là, ça fait boum. On se rend compte qu'on s'est planté de A à Z. Que même si le moral était revenu, ce n'est jamais une chose définitive. Il faut se rendre à l'évidence, ce qu'on vous donne, tôt ou tard on vous le reprend. A quoi bon se voiler la face, rien n'est acquis, rien n'est une valeur sûre. Cela viable pour les deux faces de la pièce, bien évidement. On se démène pour se sortir des sarments qui vous emprisonne, et une fois la lumière du jour découverte on se rend compte qu'on la voit de loin au fin fond d'une grotte. Le brouillard est toujours là, toujours a mes pieds. C'est bien pire qu'une prison.
Alors j'allume une cigarette, comme toujours. Mes poumons brûlent à petit feu, se détruisant de jour en jour, on ne cesse de me le dire. Et alors? Cela fait des années que je fume.
Je regarde le bout incandescent de la cigarette. Assise dans mes escaliers, de la musique dans les oreilles. Ce sont ces rares moments, d'une lucidité bien claire, qui me ramène sur terre. Cessons de se voiler la face. Cessons de faire semblant, on est plus des enfants. Et c'est bien dommage. Il faut faire la part des choses, et bordel que c'est compliqué. Se rendre compte qu'on est pas tolérée, rejetée, montrée du doigt. On coupe le fil rouge, on coupe tout espoir et tout rêve qui était ne serait-ce qu'un peu trop ambitieux. On revient les deux pieds sur terre. Ça donne la gerbe. Alors on rallume une cigarette. On regarde la fumée partir, s'envoler puis disparaitre. Voilà ce qu'il reste de mes espérances, de mes rêves et de mes joies. L'homme qui partage ma vie est a des kilomètres de moi. J'ai l'impression d'être tellement vide et dénuée d'intérêts que je ne donne pas de mes nouvelles a mes amies proches. J'ai tellement peu de chose à leur apporter en ce moment. Je me demande ce que je ferais dans 15 jours, 1 mois où bien à la rentrée prochaine. Tout semble tourner autour de moi, ça me fiche la migraine. Où sont passés les moments heureux? Où sont partis nos sourires ?
J'ai l'impression de me noyer dans une mer noire de solitude. Je me sens entrainée dans le fond sans pouvoir remontée a la surface prendre une bouffée d'air salvatrice.
Mais je coule, encore et toujours.